Angela Lerena, première commentatrice de la sélection argentine sur TV Pública

Je vous propose de découvrir cette semaine le portrait d’Angela Lerena, une figure emblématique du journalisme sportif en Amérique latine. Reconnue pour ses talents de commentatrice à la télévision et à la radio, Angela a été choisie comme consultante pour la sélection argentine lors de la Coupe du monde au Qatar en 2022. Au cours de sa carrière, elle a couvert d’autres grands événements sportifs internationaux. Elle a également interviewé de nombreuses figures majeures du sport au cours des 25 dernières années et favorisé la place du football au féminin.

Par Diane Cardoso-Gomes (interview en français | en espagnol)

Comment décrirais-tu l’évolution de ta carrière dans le journalisme sportif ?

Angela : Ma carrière dans le journalisme sportif est, d’une part, mon moyen de gagner ma vie, puisque c’est ma source de revenus : c’est grâce à elle que j’ai acheté ma maison, payé mes factures et élevé mes enfants. Mais c’est aussi ma passion, ma vocation. C’est comme un rêve devenu réalité de pouvoir travailler chaque jour dans un domaine que j’aime et qui, depuis mon enfance, remplit ma vie. Je suis très heureuse d’avoir trouvé une manière de rester proche du football, qui est mon grand amour depuis que je suis petite.

Comment as-tu réussi à te démarquer dans un milieu aussi compétitif ?

Angela : J’ai commencé à travailler comme journaliste sportive en 1995, à une époque où TyC Sports était la seule chaîne de sport en Argentine. Il m’a été très facile de me démarquer, car j’étais la seule femme : tous les autres étaient des hommes. Quand je me rendais à un entraînement de football ou en déplacement professionnel — j’ai beaucoup voyagé — j’étais toujours la seule femme. Cela m’a permis de me distinguer rapidement. Par ailleurs, une autre différence avec la plupart de mes collègues vient de ma formation en communication sociale, et pas uniquement en journalisme sportif. Je m’intéresse à de nombreux autres aspects du sport : sociologiques, anthropologiques, historiques. Mon approche a donc souvent plus de profondeur que celle de nombreux journalistes sportifs. C’est une autre manière pour moi de me distinguer.

Quels changements significatifs as-tu observés concernant la place des femmes dans le journalisme sportif ?

Angela : Depuis mes débuts il y a 30 ans, la différence est très nette en termes de présence féminine. Nous restons minoritaires, mais alors qu’avant nous étions une sur mille, nous sommes aujourd’hui une sur cinquante ou trente. Nous avons donc énormément progressé en nombre, mais il reste encore du chemin à parcourir. Un autre point à améliorer concerne la qualité des postes proposés aux femmes. Nous sommes encore souvent cantonnées à des rôles où l’on attend de nous d’être « sympathiques », « jolies » ou proches des supporters. En revanche, il nous est plus rarement donné d’occuper des rôles liés au savoir : analyser les matchs, décider s’il y a penalty ou non, intervenir sur des aspects plus intellectuels et techniques. Les hommes préfèrent encore souvent que le football leur soit expliqué par d’autres hommes. Mais heureusement, il y a de plus en plus de femmes dans ce milieu : comme spectatrices, joueuses, entraîneuses, dirigeantes, arbitres et journalistes. Peu à peu, le public apprend aussi à écouter une femme dans un rôle d’expertise, et je pense que les jeunes générations l’intègrent déjà naturellement.

Quels rêves ou objectifs personnels souhaites-tu encore accomplir ?

Angela : Les rêves que j’avais dans ce domaine, je les ai tous réalisés. Le jour où j’ai commenté, lors de la retransmission la plus regardée du pays, la victoire de l’Argentine en Coupe du monde au Qatar, j’ai accompli tous mes rêves. J’avais déjà couvert des Jeux olympiques, des Copa Libertadores, des Copa América… il ne me manquait plus rien. Aujourd’hui, mon rêve est simplement de continuer à faire ce travail chaque jour, de me lever avec le sourire en sachant que je vais exercer le plus beau métier du monde à mes yeux. Et si tout se passe bien et que je vais à la Coupe du monde 2026, ce sera aussi une expérience magnifique qui renouvellera mon enthousiasme.

Quel message souhaiterais-tu transmettre aux jeunes ?

Angela : Mon message aux jeunes est de continuer à se former. On ne sait jamais assez, on ne connaît jamais assez. Il ne faut jamais se dire « ça y est, j’ai fini d’apprendre ». Il faut continuer à apprendre l’histoire du football, la tactique, échanger avec les acteurs du milieu : joueurs, entraîneurs, jardiniers des stades, dirigeants… toujours apprendre et intégrer de nouvelles choses.

Si vous pouvez apprendre des langues, c’est très important. Et à quoi tout cela sert-il ? À renforcer la confiance dans votre travail. Et voici le conseil le plus important : ayez confiance en vous et soyez patients. Une carrière se construit dans le temps, elle ne se fait pas du jour au lendemain. Mais croyez en vous et en vos capacités, car la personne la plus importante que vous devez convaincre de votre valeur, c’est vous-même.

Angela Lerena, primera comentarista de la Selección Argentina en TV Pública

Angela Lerena es una periodista argentina y conductora especializada en deportes, con experiencia en TV y radio. Fue comentarista de la Selección Argentina en TV Pública y conductora de programas de fútbol en TNT Sports, incluyendo fútbol femenino y análisis táctico. Ha trabajado en medios como Telefé, América TV, TyC Sports, C5N, Canal Encuentro, ESPN Radio, Metro y Mega, además de escribir en diarios y revistas especializadas. Fue redactora del diario Crítica de la Argentina y participó en diversos libros y ediciones especiales como Pelota de Papel y El Enganche, de Página 12. También escribió en la revista Un Caño. Cubrió grandes eventos deportivos internacionales, incluidos Mundiales, Copas América, Copas Libertadores, Juegos Olímpicos, Copas Intercontinentales y Juegos Panamericanos en el exterior. Trabajó con Lalo Mir, Gonzalo Bonadeo, Jorge Rial, Juan Pablo Varsky, Pablo Giralt, Ari Paluch, Carla Conte, Gerardo Rozín, Marcelo Araujo y Jorge Lanata. Entrevistó a destacados referentes del deporte de los últimos 25 años. También fue docente en la Universidad de Buenos Aires, donde se graduó en Comunicación Social.

¿Cómo describirías la evolución de tu carrera en el periodismo deportivo?

Angela: Mi carrera en el periodismo deportivo es, por un lado, mi forma de ganarme el pan de cada día porque es mi sustento económico es como me he comprado mi casa como he pagado mis cuentas y mis gastos y como mantengo a mis hijos. Pero además es mi pasión, mi vocación, es como un sueño hecho realidad poder trabajar todos los días de algo que me encanta y que desde chica llena mi vida. Estoy muy contenta con haber podido encontrar una forma de mantenerme cerca del fútbol que es mi gran amor desde que era chiquita.

¿Cómo lograste diferenciarte de otros periodistas en un medio tan competitivo?

Angela: Empecé a trabajar como periodista deportiva en 1995 en el que en ese momento era el único canal de deportes en Argentina TyC sports y fue muy fácil diferenciarme de los demás porque yo era la única mujer y todos los demás eran hombres. Así que cuando iba a algún entrenamiento de un equipo de fútbol era la única mujer cuando iba a algún viaje que he viajado mucho por trabajo era la única mujer y fue muy fácil diferenciarme por ese lado. Después hay otra diferencia con la mayoría de los colegas con los que he trabajado que es que a mí por haber estudiado una carrera en comunicación social y no solo periodismo deportivo me interesan muchos otros aspectos del deporte, aspectos sociológicos, aspectos antropológicos, aspectos históricos y por ahí la forma en que yo trabajo tiene una profundidad mayor a la de la mayoría de mis colegas periodistas deportivos, es otra forma en la que por ahí mi trabajo se diferencia de los demás. 

¿Qué cambios significativos has visto en la inclusión de mujeres en el periodismo deportivo durante tu carrera?

Angela: Desde que yo empecé hace 30 años es muy notoria la diferencia en cuanto a presencia de mujeres en el periodismo deportivo seguimos siendo minoría, pero si antes éramos una cada 1000, ahora somos una cada 50 o cada 30, así que evidentemente en cantidad hemos crecido y mucho, pero todavía falta para que seamos más mujeres. Y otro aspecto en el que falta trabajo y evoluciones en la calidad del trabajo que se nos ofrece a las mujeres muchas veces estamos sujetas a puestos donde nos toca a ser la simpática, la linda, la relación con los hinchas, con los aficionados y pocas veces nos toca el rol de ser la poseedora del saber. La que explica los partidos, la que decide si es penal o no es penal, esos aspectos más vinculados a lo intelectual a lo profesional y al conocimiento.  A los hombres les gusta todavía que el fútbol se lo explique en otros hombres, pero por suerte cada vez hay más mujeres en este mundo como espectadoras, como futbolistas, como entrenadoras, como dirigentes, como árbitras, y también como periodistas y de a poco el público también va aprendiendo a escuchar a una mujer en un rol de conocimiento y creo que las generaciones jóvenes ya lo están incorporando con naturalidad.

¿Qué sueños o metas personales aún quieres cumplir?

Angela: Los sueños que tenía en este mundo ya los cumplí todos, el día que comenté en la transmisión más vista del país a Argentina campeón mundial en Catar terminé de cumplir todos mis sueños. Se había cubierto Juegos Olímpicos, Copas Libertadores, Copas América y ya no me falta nada. Lo que puedo decir que me falta o que sueño es poder seguir trabajando esto todos los días levantarme con una sonrisa porque sé que voy a hacer lo que para mí es el trabajo más lindo del mundo. Así que seguir todos los días disfrutando esto es mi sueño y bueno si este año todo sale bien y voy al mundial 2026 también va a ser muy lindo y va a renovar mi expectativa y mi deseo.

¿Qué mensaje te gustaría transmitir a los jóvenes?

Angela: Mi mensaje para los jóvenes es que sigan formándose. Que uno nunca sabe lo suficiente, nunca conoce lo suficiente y puede decir bueno ya está, no estudio más no hay que seguir aprendiendo historia del fútbol, táctica seguir hablando con los protagonistas, poder comunicarse con jugadores, con técnicos con el canchero que arregla el césped, con los dirigentes que manejan los clubes, siempre aprendiendo cosas nuevas e incorporando cosas nuevas.

Si pueden saber idiomas es muy importante, y todo ese conocimiento para qué nos va a servir, para poder afirmar la seguridad de nuestro propio trabajo y aquí viene el consejo más importante que es: confíen en ustedes mismos tengan paciencia porque las carreras se construyen no son de un día para el otro, pero tengan confianza en ustedes mismos y en su capacidad porque la persona más importante a la que tienen que convencer de que son capaces es a ustedes.