Metamorfose Urbana, une création collective autour des photographies de Frédéric Bourret

Du 15 au 21 juin 2026, je vous propose de découvrir l’exposition photographique Metamorfose Urbana : Lisbonne → Paris, un dialogue artistique entre deux capitales. Une rencontre entre plusieurs univers artistiques autour du regard du photographe Frédéric Bourret, initiateur du projet. Vingt-neuf artistes ont accepté de collaborer sur ce projet afin d’apporter leur propre signature dont Maria de Medeiros, la célèbre actrice portugaise. Nous vous attendons nombreux au vernissage qui aura lieu le jeudi 18 juin 2026, à partir de 18h00, au 84 rue du Temple à Paris.

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Par Diane Cardoso-Gomes

L’aventure photographique de Frédéric Bourret a débuté en 2000 à New York

Bonjour Frédéric, pour commencer, parle-nous de ta passion pour la photographie et l’art urbain…

Frédéric : La photographie, pour moi, c’est bien plus qu’un simple clic. C’est une manière de capturer l’éphémère, de saisir ces instants où la lumière, les formes et les émotions s’alignent pour raconter une histoire. J’ai réalisé à un moment que je regardais le monde différemment que je cadrais instinctivement, que je cherchais la lumière, l’instant, la géométrie cachée dans le quotidien.

L’art urbain, quant à lui, m’a toujours fasciné par son caractère vivant et insaisissable. C’est un art qui ne se contente pas d’être vu : il interpelle, il bouscule, il crée du lien entre les murs et ceux qui les traversent. Ce qui me touche, c’est cette idée que l’art peut surgir n’importe où, qu’il peut transformer un espace anodin en un lieu chargé de sens. La photographie et l’art urbain partagent cette même capacité à rendre visible l’invisible, à révéler la poésie cachée dans le quotidien.

Quelle vision as-tu voulu transmettre à travers l’exposition Metamorfose Urbana ?

Frédéric : Avec Metamorfose Urbana, j’ai voulu créer un espace où les images ne sont pas figées, mais en mouvement. Une exposition qui ne se contente pas de montrer, mais qui invite à regarder autrement. Mes photographies ne sont pas des fins en soi, mais des points de départ : des fragments qui peuvent être réinterprétés, prolongés, transformés par d’autres artistes, d’autres regards.

Cette exposition, c’est aussi une célébration du dialogue. Le dialogue entre Lisbonne et Paris, entre les artistes, entre les œuvres et ceux qui les découvrent. C’est une invitation à voir comment une image peut changer de peau, prendre une nouvelle vie, et devenir bien plus que ce qu’elle était à l’origine.

Aujourd’hui, de plus en plus d’artistes travaillent dans une logique de dialogue et de collaboration. Penses-tu que l’art collaboratif soit devenu une nécessité dans le monde contemporain ?

Frédéric : Je crois que l’art collaboratif est une forme de résistance dans un monde où tout nous pousse à rester dans notre bulle. Créer à plusieurs, c’est ouvrir des portes, c’est accepter que l’œuvre puisse nous échapper, qu’elle devienne plus grande que nous. Ce n’est pas une obligation, mais c’est une aventure : celle de se laisser surprendre, de s’enrichir des regards des autres, et de voir son propre travail se métamorphoser sous l’effet de ces rencontres.

L’art collaboratif, c’est aussi une manière de recréer du lien, de rappeler que la création est avant tout une conversation.

Après plusieurs années consacrées à la création urbaine, qu’as-tu encore envie d’explorer artistiquement ?

Frédéric : Ce qui m’anime aujourd’hui, c’est l’envie de pousser plus loin les frontières entre la photographie et d’autres formes d’expression. J’ai envie d’explorer des projets où l’image continue de vivre, où elle entre en résonance avec d’autres matières, d’autres récits, d’autres gestes. Je veux créer des passerelles entre le réel et l’imaginaire, entre l’urbain et le poétique, entre la mémoire et le rêve.

Tant qu’il y aura de nouvelles façons de regarder, il y aura de nouvelles façons de créer. Et c’est cette curiosité infinie qui me fait avancer.

Quel message souhaites-tu transmettre aux jeunes qui liront cette interview ?

Frédéric : Je leur dirais simplement : Faites confiance à votre intuition. Ne cherchez pas à correspondre à une image toute faite de ce qu’un artiste devrait être. La création, c’est un chemin, pas une performance. Il faut accepter les doutes, les essais, les détours, et surtout, rester fidèle à ce qui vous touche profondément.

C’est en étant sincère avec soi-même qu’on trouve sa vraie voie. Et c’est cette voie qui fera la différence.

Affiche de l’exposition Metamorfose Urbana ©Maria de Medeiros | Frédéric Bourret